Les mots de Joël-Claude Meffre semblent fixés avec une évidence qu’on atteint rarement lorsqu’il s’agit de manier le langage poétique. Ils sont la condition de la justesse, une justesse qui concerne d’abord et avant tout le dévoilement de soi. Non que la teneur de son propos présente un caractère autobiographique dont il se défend à juste titre, mais tous les mots qui participent de son écriture sont bien passés au crible du vécu, de l’expérience sensible. Avec leur caractère disparate, parfois cru, leurs emprunts à une langue régionale déployée sans pittoresque aucun, leur simplicité qui ne s’interdit pas le détour par un lexique tour à tour savant, trivial, fonctionnel, dénué de tout lyrisme, ils ressortissent d’un travail de précision tout artisanal, avec la noblesse qui peut s’y attacher, celle des humbles.
Eric Briot