on a traversé des paysages

de neige des grandes plaines

vastes

piquées d’arbres 

nus

le gris du ciel nous

devançait

on roulait vers le nord la

rumeur indocile de quoi nous

rappelait

on allait vers devant une

nostalgie inquiète

et

douce  nos

visages nous

revenions où nous n’étions

jamais

allés

le blanc était notre champ

nous passions au large des villes et

la pluie quelquefois

balayait

nous ne disions mot que la route

prémices 

d’un chenal en lisière de

la mer

du nord

 

 

Frédérique de Carvalho, Nous revient, à paraître